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17.04.2008

Les enfants du jeudi, ou le destin de Doone Penny avant Billy Elliot (et celui de sa sœur Crystal Penny)

1758182680.jpgPetit dernier d’une famille de six enfants dans la banlieue londonienne, né après « la » fille, unique et tant désirée sur laquelle la mère reporte( comme bien souvent) ses rêves gâchés de ballerina, Doone Penny s’éveille de manière bien solitaire à l’acrobatie, la musique et la danse. Tout commence lorsqu’il  accompagne sa sœur Crystal à ses cours de danse et lui porte ses chaussons. Alors que sa sœur ne fait que parader et se montrer au lieu de danser, une vocation étouffée grandit chez son petit frère : devenir danseur.

De l’entrainement en cachette dans le corridor pendant les cours de sa sœur, en passant par l’apprentissage du piano avec monsieur Félix, Donne fera son chemin…Jusqu'à ce que : « Maman, ne puis-je pas suivre le cours de danse ? » « Bien sûr que non ; tu es un garçon. » Maman avait apparemment oublié  que, sans les danseurs, il n’y aurait probablement pas de prince pour la jeune fille de son rêve. Finalement, Crystal change d’école de danse et la professeure Ennis Glynn, accepte de prendre Donne gratuitement…Pour avoir Crystal, pense (à tort bien sûr) la mère.  Mais en cachette encore, du père cette fois ci. S’ensuit deux années de travail intense, aussi bien pour Crystal qui s’est réellement mise au travail, que pour Doone. Grâce à l’aide de Miss Glynn, le père abandonne ses préjugés, d’autant plus qu’en voyant son fils danser il découvre que celui-ci à réellement du talent, bien plus que sa fille ! A deux années d’intervalles, Crystal et Doone intègrent l’Ecole de danse de sa Majesté et apprennent jour après jour, le dur métier de danseur et danseuse.

Rumer Godden livre ici deux portraits entremêlés, celui de Crystal tout d’abord, petite fille choyée et gâtée qui fait de la danse parce qu’une fille doit faire de la danse et que sa mère, elle-même ancienne danseuse de music-hall (mais pas de la vraie danse selon Crystal) reporte sur elle ses rêves de gloire. Et puis Donne, petit danseur en herbe que ne peut pas prendre de cours de danse parce qu’un garçon ne danse pas ! Chacun apprend à combattre ses préjugés et se laisse porter par la magie de la danse, au féminin comme au masculin…

Au fil des pages, l’auteure nous plonge dans le monde difficile et acharné de l’apprentissage de la danse, de la rivalité de Crystal contre son frère, des petits moments de bonheur, de joie, de déception aussi… des ces enfants du Jeudi, qui sortent de l’enfance et entrent dans l’adolescence et qui finiront par être récompensés de leur labeur et brilleront sous les feux des projecteurs. Bien avant Billy Elliot, le parallèle est ici très réussi entre Crystal et Doone, une fille poussée par sa mère et un garçon repoussé par ses parents, une apprentie  danseuse et un apprenti danseur, et explore toutes les facettes d’un art qui bien souvent (malheureusement) ne se conjugue qu’au féminin, surtout dans l’environnement familial.

Rumer Godden, Les enfants du jeudi, Paris : L’école des Loisirs, collection Médium poche, 1984, 287 p.

Commentaires

Chronique trés réussie! Bisous!!!

Ecrit par : Caroline | 18.04.2008

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