19.07.2009

De bonnes raisons pour en finir avec le patriarcat

Une petite sélection, pour le plaisir :-)

1/ Parce que quoi qu’on n’en dise, les choses n’ont pas beaucoup changé et rien n’est réglé.

6/ Parce que y’en a marre du "masculin qui l’emporte sur le féminin en grammaire", avec la fallacieuse raison : "mais le masculin est universel". Faux ! ce n’est qu’une convention grammaticale !

9/ Parce que quoi qu’on en dise la femme n’a pas plus le gène du repassage que l’homme.

10/ Parce qu’un homme qui fait la cuisine est un chef cuisinier tandis qu’une femme qui fait la cuisine est tout simplement une femme.

12/ Pour lutter contre la pression psychologique des pubs pour les produits de régime, les crèmes anti-cellulite avec photos de mannequins anorexiques retouchées qui culpabilisent toutes les adolescentes de plus de 45 kilos.

17/ Parce que j’en ai assez qu’on me dise qu’il y a égalité de chances et que la parité est déjà faite alors que dans 99% des cas c’est LA secrétaire et LE patron.

19 / Pour qu’il n’y ait plus de publicités du type "il a la voiture : il aura la femme."

22 / Pour qu’on ne dise plus aux petits garçons qui pleurent qu’ils sont des fillettes.

51/ Pour qu’on ne demande plus à une femme qui travaille "Mais qui est le chef de famille dans votre foyer ?", parce qu’on n’est pas chez les scouts et qu’il n’y a pas de chef dans la famille…

54/ Pour que lorsqu’une femme se marie avec un homme, il ne paraisse plus évident qu’elle doive prendre le nom de son mari.

64/ Pour que le viol en masse ne soit plus considéré comme une arme de guerre ou un moyen efficace de démoraliser l’armée adverse.

65/ Pour que la contraception et l’avortement, bref le libre droit pour les femmes de disposer de LEUR corps et de LEUR vie ne soit plus un problème, un sujet de débat ou un prétexte de menace de mort de la part d’allumés mais un droit (et que donc chaque fille, chaque femme y ait accès et en ait les moyens !).

69/ Parce que jusqu’en 1924, les femmes n’avaient pas le droit de passer le baccalauréat, que jusqu’en 1945, elles n’avaient pas le droit de vote et que ce n’est pas si loin que ça…

75/ Pour qu’il ne soit plus le comble de l’insulte pour un homme que d’être affublé d’un terme féminin (femmelette, tapette, gonzesse, fiotte, salope…)

80/ Parce que moi aussi je veux pouvoir dire "Nom de Dieu de bordel de merde !" quand j’en ai envie sans qu’il y ait un crétin pour me dire, avec un air douloureux, que "dans la bouche d’une fille, c’est pas beau ça". Parce que dans la sienne c’est plus joli peut-être ??

81/ Parce que l’excision, tout simplement.

82/ Pour que jamais plus des hommes et des femmes ne soient obligés de se marier au nom de conventions sociales ou religieuses.

84/ Parce qu’il est agaçant de constater que dans les contes de fées de notre enfance, ce sont toujours les jeunes filles qui espèrent et attendent le prince charmant, qui mettent leur vie entre parenthèses jusqu’à son arrivée et ce dernier ne trouve rien de mieux que de les engrosser à répétition pour les rendre heureuses. "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…"

90/ Pour ne plus avoir à féliciter un homme qui, ayant un soir perdu tout sens commun, a fait la vaisselle.

94/ Pour que certaines femmes ne soient plus aussi misogynes que les hommes, et cela souvent sans s’en rendre compte.

111/ Pour qu’un jour le congé de paternité ne soit plus un mythe et que le mythe de la fibre paternelle soit aussi vivace que celui de la fibre maternelle.

116/ Pour que la majorité écrasante des publicités pour les produits d’entretien ne soit plus exclusivement adressée aux femmes.

117/ Pour qu’une femme qui a choisi de ne pas devenir mère, continue à être considérée comme une femme à part entière, et non pas comme un être dégénéré.

127/ Pour que quand un mari tabasse sa femme, ça ne soit pas considéré comme une dispute familiale/privée mais comme une violence punie par la loi.

131/ Pour que ma fille ne se retrouve pas à genoux devant les toilettes et les doigts au fond de la gorge pour ressembler à un être idéal qui n’existe que dans l’esprit des publicitaires.

156/ Pour que le commercial de ma boîte ne me regarde plus comme un ahuri en s’exclamant "Tiens, ça joue a Quake (un jeu vidéo très violent où il faut tuer tous ses collègues) les filles maintenant ??". Non, abruti, il faut mettre son pénis dans le CD-ROM pour que le jeu s’enclenche alors les filles ne peuvent pas jouer ! Tssssssssss ! J’vous jure !!!

160/ Pour qu’en cas de divorce, les enfants ne soient pas systématiquement mis sous la responsabilité de la femme. Il est vrai que très souvent la femme le demande et la justice considère dans la majorité des cas, que comme c’est la femme qui a accouché, c’est "bien normal" que les enfants lui soient confiés. L’attribution des enfants à la femme renforce considérablement l’image de l’homme qui apporte le fric (pension alimentaire) sans aucune autre responsabilité (la femme élève seule les enfants).

165/ Pour ne plus entendre cet horrible sifflement reconnaissable entre mille qui est censé indiquer que vous plaisez à un jeune crétin en survet. Et ne plus entendre "salope, tu te crois belle ?" quand je fais mine de ne pas avoir remarqué.

176/ Parce que quand je dis que je ne veux ni me marier ni avoir d’enfant, j’en ai marre qu’on me réponde "tu verras, ça viendra avec le temps".

190/ Pour ne plus jamais entendre quand je râle sur des potes : « putain, tu fais chier depuis que t’es devenue féministe »

200/ Pour que les femmes aussi puissent avoir des rides et des cheveux blanc.

209/ Parce que quand je lis des catalogues de jouets et que je vois une table à repasser pour petite fille avec un commentaire qui dit "la petite fille trouvera valorisant de faire comme sa maman", ça me fait vomir de me dire qu’il y a des gens qui pensent comme ça.

229/ Pour qu’on arrête de demander aux lesbiennes « Qui fait l’homme ? ». Personne, on est des femmes toute les deux.

241/ Pour que, dans les films, les hommes arrêtent de prendre les femmes par la main quand il faut courir. Une femme ne peut donc pas avancer une jambe devant l’autre pour fuir sans la main d’un homme ?

259/ Parce que pour connaître l’histoire des femmes il faut suivre un enseignement optionnel.

263/ Parce que ça m’agace d’entendre des libraires dire "C’est pour une petite fille ou un petit garçon ?" quand un client veut offrir un livre à un enfant.

289/ Pour que la féminité ne se mesure plus en longueur de cheveux, de jupe et hauteur de talon.

298/ Parce que, homme ou femme, le sexisme nous limite.

307/ Pour ne plus avoir à supporter des émissions pseudo-psychologiques où l’on affirme sans broncher que les femmes et les hommes ont un fonctionnement cérébral différent.

311/ Pour que l’on ne me dise plus « ah bon vous êtes mariés ? mais pourquoi TU ne portes pas son nom ? » Mon mari ne porte pas non plus mon nom d’ailleurs… Bref pour que l’on arrête de se sentir comme des chiennes avec une plaque autour du cou avec le nom du propriétaire.

314/ Pour ne plus subir les blagues machistes avec le sourire parce que « On rigooooole, tu le sais ». N’empêche que ça peut très très vite devenir lourd.

336/ Parce qu’être féministe, ce n’est pas lutter contre les hommes de même qu’être anti-raciste, ce n’est pas lutter contre les noirs, les blancs, les rouges, les verts, les…

354/ Parce que des femmes se font restaurer l’hymen avant leur mariage.

358/ Parce que le père conduit la mariée traditionnellement à l’autel, pour la faire passer de l’autorité du père à celle du mari, et que c’est aberrant !

375/ Parce que je n’arrive pas à me débarrasser des réflexes machistes engendrés par notre société et ça m’énerve.

386/ Parce que sur la carte de crédit et le chéquier de ma mère, qui fait les courses, paye les factures, signe les papiers, c’est le nom et le prénom de mon père qu’on lit en gros caractères.

396/ Parce qu’il y a 2 millions de femmes victimes de violences conjugales en France (soit 1 sur 10) et que c’est beaucoup trop !

403/ Parce qu’il y a 50000 femmes violées en France par an ce qui fait une moyenne de 137 femmes par jours.

419/ Parce que j’aimerais ne plus entendre de "Mais pour un homme, se faire violer c’est un peu le rêve". J’aimerais qu’on comprenne que le viol, et tout autre sévice sexuel, n’est pas un domaine réservé aux femmes. Que ça arrive aussi aux hommes, et qu’on n’est pas dans le dernier film érotique de Canal, mais dans la vie réelle. Où un viol, peu importe le sexe du violeur, reste un acte monstrueux dont on ne ressort pas indemne. Et pas un rêve sous prétexte que c’est une femme qui viole. Une violeuse, au même titre qu’un violeur, est une criminelle monstrueuse.

448/ Pour qu’on arrête de se regarder mutuellement comme des femmes et des hommes, mais comme des êtres humains ayant tous en commun leur différence, point barre.

449/ Parce que j’ai ri de blagues sexistes sans avoir conscience de leur portée réelle.

457/ Parce que l’adoption n’est pas autorisée aux couples lesbiens et gays.

460/ Parce que finalement, féministe reviendrait à dire qu’on ne défend QUE la cause des femmes, alors qu’on demande simplement une égalité et que c’est déjà compliqué à faire comprendre.

461/ Parce que non, toutes ces pétasses qu’on voit sur MTV en string ne représentent pas des femmes libérées, mais plutôt les fantasmes des hommes frustrés.

500_bonnes raisons d'en finir avec le patriarcat.pdf

« De l’autre côté du lit », un grand pas en arrière pour le féminisme

« Ariane et Hugo décident d'échanger leur vie pour échapper à la routine, qui, après dix ans de mariage, leur donne le sentiment d'être des hamsters pédalant dans une roue. Elle se retrouve du jour au lendemain à la direction d'une entreprise de location de matériel de chantier. Et lui s'improvise vendeur de bijoux à domicile... Mais la vie est-elle plus belle lorsqu'on la contemple de l'autre côté du lit ? »

Voilà le ton est donné : une comédie populaire adapté d’un roman, sur fond de rapports hommes-femmes. Que faire lorsque la femme au foyer et l’homme au travail (évidemment^^) veulent faire comprendre à l’autre ce qu’ils vivent chacun au quotidien ? Facile, échanger les rôles : la femme prend le poste de son mari dans une entreprise de location de matériel de chantier (très masculin, bien sûr^^) et le mari reste à la maison et vend des bijoux à domicile (c’est vrai les bijoux pour les femmes ^^). Mais attention : on nous le fait bien comprendre tout au long du film, la femme prend bel et bien la place de l’homme, pour réussir dans ce boulot elle doit « réveiller l’homme qui sommeille en elle ». C’est évident, la femme qu’elle est ne peut de tout évidence pas prétendre à un poste à responsabilité sans être un homme (pffff…). Bon du coup, elle se met à se comporter « comme un homme » (mais bien sûr^^) : elle mange beaucoup, boit de l’alcool, fume le cigare, trompe son partenaire… ah, une belle ribambelle de clichés que voilà ! Et de son côté le mari vend les bijoux, se rapproche de ses clientes, les comprends, devient leur confident, (ben oui un homme qui comprend les femmes c’est mignon…), s’épile les sourcils…bref, on est à deux doigts du stéréotype homme sensible= homosexuel. Bref, le scénario s’en suit et au final que se passe t-il ? Evidemment la femme culpabilise d’aller travailler et de laisser ses enfants (mais le mari ne culpabilisait pas lui ?). Que fait-elle donc ? Ben retour direct à la case départ, le foyer. Voilà, c’est compris ? Le monde du travail n’est pas celui des femmes, retournez à votre place mesdames…Ah oui, et ce film date de 2009, quelle avancée dans les mœurs… A croire que le féminisme n’est jamais passé par là…

14.07.2009

Questionnements féministes et méthodologie de la recherche

L’ouvrage s’ouvre sur un double projet de la recherche féministe : d’une part, transformer (d’un point de vue social, politique…) les rapports sociaux de sexe, d’autre part, élaborer un certain nombre de connaissances scientifiques. Les auteures divisent ensuite leurs questionnements en six chapitres, dont seul véritablement le premier et éventuellement les deux suivants peuvent avoir un impact sur ma propre recherche, les autres étant réellement axés sur les méthodes de recherche en sciences sociales.

Néanmoins, la méthodologie (plutôt exposée ici comme inspiration et non obligation), proposée pour toute recherche qui se veut féministe, offre un excellent point de départ et permet de garder toujours en tête que la recherche féministe, plus qu’un nouvel objet, est avant tout un nouveau regard.

Et ce regard féministe apparait comme une transformation plus radicale du regard porté sur le monde et vise à faire re-connaître les femmes comme  sujet historique

et social mais également les rapports sociaux de sexe comme facteur de division et de hiérarchisation de l’ensemble de la vie sociale.

Dès lors, la recherche féministe lutte contre les savoirs établis et les cadres théoriques qui naturalisent l’infériorité des femmes (comme toujours), remet en cause les prétentions universalistes et objectivistes de la science moderne, articule des visions autres de la société, élabore un savoir sur les femmes (et sur les hommes) par les femmes et pour les femmes (et les hommes ajouterais-je).

Le regard féministe offre une recherche plurielle constituée d’une multitude d’objets, de problématiques, d’approches théoriques, de postures épistémologiques et d’outils méthodologiques, une diversité de lectures (parfois contradictoires mais souvent complémentaires) de la nature et des causes de subordination des femmes à travers l’histoire.

Tout comme la recherche en danse, et c’est ce que m’intéresse ici, la recherche féministe est multiple, transdisciplinaire et nécessite de concilier théorie et pratique !

Quelques principes de la recherche féministe :

Féminisme : une perspective, pas une méthode de recherche

Plusieurs méthodes de recherche

Regard critique au sein des disciplines

Guidée par théories féministes

Tend vers la pluridisciplinarité

Préoccupe de changement social

Diversité parmi les femmes

Engagement de la chercheuse en tant que personnes

Engagement des participantes à la recherche

Favorise l’engagement du lectorat

 

Ces principes ne sont pas exclusifs à la recherche féministe et il est évident qu’une recherche féministe ne les intègrent pas tous à la fois. Il en existe d’autres…. Chaque recherche peut s’en inspirer, au gré de ses envies, ses possibilités… ne pas reproduire un modèle dominant objectif et neutre de méthodologie de la recherche semble être le parti pris de ce regard autre, féministe, sur le monde qui nous entoure.

 

OLLIVIER, M., TREMBLAY, M., Questionnements féministes et méthodologie de la recherche, Paris : L’Harmattan, 2000, 256 p.

 

10.07.2009

Retrouver l'élan du féminisme

« On parle souvent des acquis du mouvement féministe. Mais aucun progrès social, y compris quand il est inscrit dans la loi, n’est gravé dans le marbre. L’histoire contemporaine le démontre à l’envi. Particulièrement fragiles, les acquis féministes sont en butte à plusieurs types d’obstacles : les attaques « masculinistes », le « baquelache (1) » idéologique et la mauvaise volonté politique ; le matraquage du mythe de « l’égalité-déjà-là ».

La contre-offensive patriarcale se constate dans tous les pays. Partout, ce sont en majorité des femmes qu’on envoie en première ligne pour dire que le féminisme ne passera pas ou n’est pas passé ; n’est pas ou n’est plus utile ; a toujours été nocif ou l’est devenu. Parmi elles, d’anciennes féministes ou sympathisantes, dont la parole est dégustée avec cette gourmandise un peu obscène autrefois réservée aux « confessions » d’anciens staliniens.

Souvent empruntés aux Etats-Unis, les thèmes sont partout les mêmes : les féministes exagèrent car l’oppression des femmes, c’est fini, le harcèlement sexuel ça n’existe pas, le viol entre conjoints non plus (2). Le tout est accompagné d’une sauce « cocorico ». Dans le domaine des mœurs aussi, il existerait une « exception française (3) » : les rapports entre les sexes seraient idylliques. Le grossier sexisme étranger laisserait la place à la fine « séduction » gauloise. On peut se demander comment des gens intelligents par ailleurs arrivent à croire, en dépit des enquêtes, des chiffres, des faits divers montrant l’extraordinaire similitude d’un pays à l’autre, que l’oppression des femmes s’arrête tout net à Annemasse et à Port-Bou comme en son temps le nuage de Tchernobyl.

Quand les conventions internationales ou les directives européennes restent lettre morte ; quand les lois internes interdisant la discrimination sexuelle ne sont pas plus appliquées que celles interdisant la discrimination raciste, on est obligé de parler d’une collusion, non dite mais néanmoins réelle, entre tous les acteurs : employeurs, syndicats, appareil judiciaire, Etat, médias. En France, la loi de 1983 sur l’égalité dans le travail n’a jamais été mise en œuvre. Elle était d’ailleurs faite, si l’on peut dire, pour ne pas l’être car elle ne comporte aucune sanction ; la loi « Génisson » de 2001 en a introduit quelques-unes, et, à la veille des élections régionales, le chef de l’Etat a annoncé son intention de la faire appliquer (4). Une promesse en forme d’aveu puisqu’il faudrait une intervention présidentielle pour qu’une loi soit considérée autrement qu’un chiffon de papier.

Celle sur l’avortement est violée matin, midi et soir par les hôpitaux, les chefs de service, les services sociaux et l’Etat, qui ne mettent pas en place les centres d’interruption volontaire de grossesse (IVG) prévus par les décrets d’application. Un combat constant se révèle nécessaire pour empêcher qu’entre les « dysfonctionnements » et le travail de sape des lobbies anti-choix l’IVG ne disparaisse purement et simplement.

C’est d’autant plus important que les lobbies « masculinistes » sont fortement organisés, en France comme au niveau international, et très riches. Jour après jour, année après année, ces groupes de pression déposent sur les bureaux des ministres et des députés des propositions de remise en cause des lois sur l’avortement, sur le harcèlement sexuel, sur le divorce. Spectaculaires, leurs actions à découvert, comme celles des commandos anti-avortement, sont pourtant des exceptions. Le plus souvent, ces groupes de pression agissent de façon souterraine, en formant des « experts » qui témoigneront devant les tribunaux, en écrivant des livres de « psychologie » où les avocats des hommes violents et des pères incestueux, ainsi que les auteures d’ouvrages « baquelachiens », puisent leurs arguments (5). Outre le droit à l’avortement, ils ciblent les lois sur la pénalisation des violences masculines contre les femmes et contre les enfants.

Du coup, pousser à l’adoption des lois et ensuite à les faire appliquer consomme une bonne part de l’énergie du mouvement féministe. Mais cela ne saurait constituer son seul but. En effet, l’inégalité flagrante entre femmes et hommes sur le marché du travail s’adosse à l’exploitation du travail domestique des femmes, qui en assurent 90 %. Cette exploitation fait partie de l’ossature du système social, comme la division en classes sociales. Or la structure sociale n’est pas rectifiable par la loi – au contraire, c’en est le fondement, même s’il demeure caché.

Comment mettre en cause ce volet de l’exploitation économique des femmes qui semble ne relever que de négociations interindividuelles dans les couples, alors qu’il s’agit de la base de l’organisation patriarcale de nos sociétés ? Trouver cet angle d’attaque est un défi que le mouvement féministe n’a pas encore relevé, même si quelques pistes ont déjà été suggérées (6).

De plus, deux ou trois générations de jeunes femmes, qui auraient dû prendre le relais des féministes des années 1970, se sont tenues à l’écart du mouvement dont la parole et le combat sont restés confidentiels. Les médias ont fait le choix de l’antiféminisme, avec des campagnes incluant une présentation négative des féministes « moches et frustrées », « anti-hommes », « toutes lesbiennes »... Mais l’arme la plus efficace est le matraquage de l’idée que « tout est gagné, il n’y a plus rien à faire »... sauf à retrousser ses manches et à prouver qu’on est digne de cette égalité (7). Et si les femmes n’y arrivent pas, c’est leur faute – et non celle de la société. Elles se culpabilisent.

L’affirmation d’une « égalité-déjà-là » ne représente pas seulement un mensonge, c’est un poison qui entre dans l’âme des femmes et détruit leur estime d’elles-mêmes, leur croyance souvent fragile qu’elles sont des individus à part entière – et pas à moitié. L’un des enjeux du féminisme actuel consiste donc à éclairer cette situation, à montrer que dans aucun pays et dans aucun rapport social les dominants ne renoncent de bon gré à leurs privilèges. Il faut pousser les femmes à la lutte, et pour cela – c’est peut-être le plus difficile – les convaincre qu’elles le valent bien.

Partout se sont mis en place des barrages idéologiques à toute action en faveur de l’égalité substantielle... au nom de l’égalité elle-même. En France, la classe politique – gauche et droite confondues – et une partie de l’intelligentsia s’appuient sur le concept de république pour s’opposer à toute revendication des groupes qui se sont constitués en raison d’une oppression partagée comme les femmes, les homosexuels, les ouvriers, les victimes du racisme. Toute mention de catégories ou de groupes est réputée contraire à l’esprit de la république, et donc contraire à l’esprit de l’égalité. Tel est le syllogisme qui a été opposé à la proposition de quotas (de 25 %) pour les femmes sur les listes électorales par le Conseil constitutionnel en 1982.

C’est au nom de l’universalisme républicain que la campagne pour la parité a été attaquée ; on pouvait certes reprocher à celle-ci son argumentaire essentialiste, mais pas de vouloir corriger une discrimination indéniable dans l’accès aux fonctions électives. De même, les homosexuels ou les descendants d’immigrés sont parfois soupçonnés de comploter contre les principes républicains, alors que, réunis par une communauté d’exclusion, ils ne demandent qu’à y entrer, dans cette république ! Ainsi, entretenant la confusion entre l’égalité proclamée et l’égalité réelle, certains finissent par transformer la république en arme contre l’égalité réelle. Rappeler que l’égalité constitue un idéal à construire contre une réalité faite d’inégalités demeure un enjeu majeur du féminisme.

Un mouvement ne consiste pas seulement à avancer sur une route mais à la tracer, la cartographie de l’oppression et le dessin de la libération ne sont jamais terminés. Plus interne au mouvement féministe, l’un des objectifs cruciaux vise à retrouver l’élan lié à la spécificité de ses principes de non-mixité. Ceux-ci font du mouvement féministe un modèle d’auto-émancipation où les opprimé-e-s non seulement luttent pour leur libération, mais la définissent.

Les luttes féministes sont plurielles (pour l’avortement, les droits des lesbiennes, contre les violences, etc.), diverses dans leurs formes d’organisation (groupes locaux, fédérations nationales comme Solidarité-femmes, coalitions comme le Collectif national pour le droit des femmes [CNDF], commissions dans des ligues ou des organisations non gouvernementales [ONG] internationales). Une grande partie de l’action féministe se fait dans des groupes composés de femmes et d’hommes : qu’il s’agisse de groupes mixtes par choix – comme MixCité, le Collectif contre le publisexisme, la Meute – ou de fait, comme les commissions femmes dans les syndicats ou dans les ONG, dans les groupes ou les partis.

Cette mixité est nécessaire au rayonnement de l’action féministe, à sa présence dans un grand nombre de lieux tant militants qu’institutionnels – les études féministes par exemple se développent dans la recherche et l’université. Ces relais mixtes sont à la fois le signe de la capacité de l’action féministe à gagner une large audience, et la condition de sa réussite à exercer une influence.

La non-mixité n’est pas pour autant obsolète. Tant s’en faut. Quand elle a été inventée en 1970, celle du Mouvement de libération des femmes (MLF) a choqué l’ensemble de la société, y compris les féministes de la génération précédente. Car la non-mixité est née d’une rupture théorique qui remet en cause les analyses antérieures sur la subordination des femmes : il n’est plus question d’une « condition féminine » dont tous, femmes et hommes confondus, nous pâtirions également, mais de l’oppression des femmes.

Obtenir des lois n’était pas la préoccupation majeure du MLF. Son but était autrement ambitieux, autrement utopique. Les lois ont été le sous-produit bienvenu d’un travail gratuit – sans finalité concrète immédiate, comme la recherche fondamentale. Et si ce sous-produit a vu le jour, c’est aussi parce qu’il ne constituait pas le but ultime, ou plutôt parce que la barre était placée plus haut. Cette ambition « irréaliste » – se permettant de mettre entre parenthèses l’efficacité immédiate – a finalement donné un élan tel que des choses ont été gagnées dans la réalité.

La campagne d’alors pour recriminaliser le viol est issue de la réflexion des groupes dits de « prise de conscience ». Avec la mise en commun et le partage de leurs expériences, les femmes découvraient ainsi que leurs problèmes n’étaient pas particuliers, et n’avaient donc pas de solution individuelle.

De même, la critique de la sexualité a permis la campagne pour le droit à l’avortement, pour la recriminalisation du viol, contre la violence masculine dans les couples. Elle prenait à bras-le-corps les théories savantes et de vulgarisation sur la sexualité, et les déclarait nulles et non avenues, comme autant de rationalisations de la domination masculine. Actuellement, cette critique est devenue quasi inaudible devant le retour vengeur d’un érotisme patriarcal avec la banalisation de la prostitution, de la pornographie, et du sado-masochisme, qui est leur substrat commun.

Trente-trois ans après, le mouvement féministe vit toujours sur les renversements de perspective accomplis dans les premières années grâce à la pratique non mixte. Celle-ci se révèle nécessaire parce que les hommes n’ont pas le même intérêt – ni objectif ni subjectif – à lutter pour la libération des femmes. Mais surtout parce que les opprimé-e-s doivent définir leur oppression et donc leur libération elles/eux-mêmes, sous peine de voir d’autres les définir à leur place (8). Et il est impossible de le faire en présence de personnes qui, d’une part, appartiennent au groupe objectivement oppresseur et, d’autre part, ne savent pas, et ne peuvent pas savoir, sauf circonstances exceptionnelles, ce que c’est que d’être traitée comme une femme – comme un-e Noir-e, comme un pédé, comme un-e Arabe, comme une lesbienne – tous les jours de leur vie. Aucun degré d’empathie ne peut remplacer l’expérience. Compatir n’est pas pâtir.

Bien sûr, les hommes ont un rôle dans le mouvement féministe, mais il ne peut pas être le même que celui des femmes. Or la non-mixité est déconsidérée, parfois même vue comme un stade archaïque du mouvement, qui serait dépassé. Même dans les groupes non mixtes, on n’en tire pas forcément parti, et le respect de l’ordre du jour prend le pas sur la mise en commun des expériences. Résultat, beaucoup de femmes tiennent sur leur propre oppression un discours désincarné. Or, si elle n’est pas alimentée par la conscience vécue, quasi charnelle, de la réalité de l’oppression, la lutte politique devient un combat philanthropique.

Quand des femmes deviennent les philanthropes d’elles-mêmes, ne se souviennent plus ou veulent oublier qu’elles sont les humiliées et les offensées dont elles parlent, la force n’est plus avec elles. Garder, retrouver les sources de cette force représente aussi l’un des défis du nouveau siècle pour le mouvement féministe. Et pour tous les mouvements d’opprimés. »

Christine Delphy

Auteure notamment de Pour sortir du libéralisme (avec Yves Salesse) et de L’Ennemi principal. Penser le genre, Syllepse, Paris, respectivement en 2002 et 2001.

 

(1) Le retour de bâton identifié exploré dans le fameux Backlash de Susan Faludi, livre paru en 1991 aux Etats-Unis. Traduction française, Backlash. La guerre froide contre les femmes, Edition des femmes, Paris, 1993.

(2) Interview d’Elisabeth Badinter dans L’Express, 24 avril 2003, et Marcella Iacub et Hervé Le Bras, dans Les Temps modernes, Paris, 1er trimestre 2003. En réponse à ces thèses, lire Gisèle Halimi, « Le « complot » féministe », Le Monde diplomatique, août 2003.

(3) Dossier « Femmes : une spécificité française », Le Débat, n° 87, novembre-décembre 1995.

(4) « Chirac se penche sur l’inégalité homme-femme au travail », Le Monde, 27 février 2004.

(5) Ils argumentent volontiers sur de « fausses allégations » des enfants ou encore sur le « syndrome des faux souvenirs ». Autant d’expressions popularisées dans les tribunaux et les écoles de magistrature par les « experts » Hubert Van Gijseghem et Paul Bensoussan, notamment.

(6) Voir « A contresens de l’égalité », et notamment « Par où attaquer le partage inégal du travail ménager ? », Nouvelles Questions féministes, vol. 22, n° 3, 2003.

(7) Marianne Bellens, « Deuxième Sexe et féminisme... et la génération montante ? », dans Christine Delphy et Sylvie Chaperon Cinquantenaire du “Deuxième Sexe”, Syllepse, Paris, 2002.

(8) « Nos amis et nous : fondements cachés de quelques discours pseudo-féministes », dans L’Ennemi principal, tome I, Economie politique du patriarcat, Syllepse, Paris, 1998.

Les enfants du jeudi

Les enfants du jeudi, ou le destin de Doone Penny avant Billy Elliot (et celui de sa sœur Crystal Penny)

 

Petit dernier d’une famille de six enfants dans la banlieue londonienne, né après « la » fille, unique et tant désirée sur laquelle la mère reporte( comme bien souvent) ses rêves gâchés de ballerina, Doone Penny s’éveille de manière bien solitaire à l’acrobatie, la musique et la danse. Tout commence lorsqu’il  accompagne sa sœur Crystal à ses cours de danse et lui porte ses chaussons. Alors que sa sœur ne fait que parader et se montrer au lieu de danser, une vocation étouffée grandit chez son petit frère : devenir danseur. De l’entrainement en cachette dans le corridor pendant les cours de sa sœur, en passant par l’apprentissage du piano avec monsieur Félix, Donne fera son chemin…Jusqu'à ce que : « Maman, ne puis-je pas suivre le cours de danse ? » « Bien sûr que non ; tu es un garçon. » Maman avait apparemment oublié  que, sans les danseurs, il n’y aurait probablement pas de prince pour la jeune fille de son rêve. Finalement, Crystal change d’école de danse et la professeure Ennis Glynn, accepte de prendre Donne gratuitement…Pour avoir Crystal, pense (à tort bien sûr) la mère.  Mais en cachette encore, du père cette fois ci. S’ensuit deux années de travail intense, aussi bien pour Crystal qui s’est réellement mise au travail, que pour Doone. Grâce à l’aide de Miss Glynn, le père abandonne ses préjugés, d’autant plus qu’en voyant son fils danser il découvre que celui-ci à réellement du talent, bien plus que sa fille ! A deux années d’intervalles, Crystal et Doone intègrent l’Ecole de danse de sa Majesté et apprennent jour après jour, le dur métier de danseur et danseuse.

Rumer Godden livre ici deux portraits entremêlés, celui de Crystal tout d’abord, petite fille choyée et gâtée qui fait de la danse parce qu’une fille doit faire de la danse et que sa mère, elle-même ancienne danseuse de music-hall (mais pas de la vraie danse selon Crystal) reporte sur elle ses rêves de gloire. Et puis Donne, petit danseur en herbe que ne peut pas prendre de cours de danse parce qu’un garçon ne danse pas ! Chacun apprend à combattre ses préjugés et se laisse porter par la magie de la danse, au féminin comme au masculin…

Au fil des pages, l’auteure nous plonge dans le monde difficile et acharné de l’apprentissage de la danse, de la rivalité de Crystal contre son frère, des petits moments de bonheur, de joie, de déception aussi… des ces enfants du Jeudi, qui sortent de l’enfance et entrent dans l’adolescence et qui finiront par être récompensés de leur labeur et brilleront sous les feux des projecteurs. Bien avant Billy Elliot, le parallèle est ici très réussi entre Crystal et Doone, une fille poussée par sa mère et un garçon repoussé par ses parents, une apprentie  danseuse et un apprenti danseur, et explore toutes les facettes d’un art qui bien souvent (malheureusement) ne se conjugue qu’au féminin, surtout dans l’environnement familial.

 

Rumer Godden, Les enfants du jeudi, Paris : L’école des Loisirs, collection Médium poche, 1984, 287 p.

Colère de femme

« On me dit que ma colère n’est pas constructive, qu’elle n’est pas légitime ; que tout analyser en terme de rapports de genre et de domination sexiste est réducteur. Oui, je suis en colère. Je suis révoltée parce que depuis toute petite, on m’a appris la soumission. On m’a expliqué que je devais être douce et compréhensive, ne pas m’énerver, ne jamais être violente. Parce qu’on m’a forcé à rentrer tout ça en moi, à subir les agressions et à ne pas broncher.

Je suis en colère parce que tous les jours, je suis renvoyée à mon rôle de femme, à ma place de femme. Femmes qui doivent gérer le quotidien, femmes qui ont le sens des responsabilités, femmes qui doivent toujours être capables de s’exprimer posément, femmes à qui tant d’activités sont interdites, parce qu’elles sont masculines.

Je suis en colère parce que je suis une bizarrerie : femme qui boit, qui crie, qui bricole, qui se bat. Parce que j’ai été contrainte d’adopter les codes masculins pour pouvoir exister dans des espaces publics, parce que j’ai été obligée de me battre pour être écoutée, crue, prise au sérieux, reconnue. Parce que je ne suis pas une femme, puisque je n’ai pas le comportement attendu d’une femme ; que je ne suis pas un homme, parce qu’il me manque une bite. Du coup, je suis la chieuse, l’emmerdeuse.

Je suis en colère parce que je me croyais forte. Et que j’ai laissé un homme me soumettre, m’humilier, me culpabiliser. Parce que je n’ai jamais voulu regarder cette situation de domination, parce que je ne voulais pas me voir comme la victime.

Je suis en colère parce que je n’ai pas le droit d’exprimer cette colère, parce que la femme qui s’insurge de ce qu’elle subit exagère toujours, va trop loin, est antimec. Je suis en colère parce qu’être féministe est un stigmate infamant. Parce que quand on gueule, c’est encore nous qui sommes jugées. Parce que c’est nous les hystériques, les lesbiennes, les mal baisées, les folles.

Je suis en colère parce que je parle avec des femmes, que nous avons toutes la même histoire, que cette histoire est celle du patriarcat et que la dénoncer nous expose à la répression de ceux qui n’y ont pas intérêt. Je suis en colère parce que l’homme arrive toujours à se faire passer pour la victime : victime de sa compagne qui l’a quitté, victimes des sales féministes qui l’oppresse par leurs blagues, victime de son conditionnement. Alors que merde, c’est nous femmes qui trinquons ! Je suis en colère parce que j’ai peur des hommes. De ce qu’ils peuvent faire subir, à moi ou à d’autres femmes. Parce qu’aujourd’hui il n’y a qu’en non-mixité que je me sens en confiance. Parce que oui, c’est dommage, mais que je n’ai simplement pas d’autre choix.

Je suis en colère parce que même quand des mecs réfléchissent à ces questions, c’est encore à nous, femmes, de les prendre par la main, de leur expliquer, de comprendre leurs doutes, de leur demander de prendre position, de les inciter à s’organiser.

Je suis en colère parce que dans tous les cas c’est à la femme de porter. De porter son histoire, les violences qu’elle subit, de porter la critique, les attaques antiféministes, le déni de sa rage. De porter la responsabilité de toujours réexpliquer.

Je suis en colère parce que je ne veux plus compatir. Je ne veux plus m’interroger des heures sur comment expliquer sans renvoyer un truc agressif ou blessant aux hommes. Je ne veux pas m’excuser d’être en colère.

Ce que nous exigeons, c’est d’être enfin entendues et reconnues, en tant que femmes, en tant que féministes, en tant que catégorie socialement opprimée.

Que crève le patriarcat. Maintenant, tout de suite. »

Nancy Antisexist

De l'interdit à l'empêchement

La deuxième étape du rapport pour l’égalité femmes/hommes dans les arts du spectacle vient de sortir. Ce rapport, réalisé par Reine Pratt, fait suite à l’étude de 2006 lancée par la DMDTS (Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles). Le constat laisse un goût amer : les premières données chiffrées de 2006 laissent entrevoir des « phénomènes d’une ampleur insoupçonnée dont les effets sont dévastateurs ». Bilan : les hommes dirigent 92% des théâtres consacrés à la création dramatique, 89 % des institutions musicales, 86 % des établissements d’enseignement… et la liste est longue.

En résumé, le secteur des arts du spectacle – postes à responsabilité, lieux de décision, moyens de production, réseaux de diffusion, visibilité médiatique- est bel et bien organisé selon un système de séparation des sexes, antidémocratique. Ces inégalités se répercutent d’emblée sur les représentations artistiques et renforcent ainsi les stéréotypes. Les préjugés habituels (dont on ne se lasse pas….) hantent toujours les esprits : le créateur et sa muse, le masculin érigé en neutre etc.

Le chantier en cours est immense…d’autant plus que le principe d’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines est inscrit dans la constitution depuis 1946 ! Les mœurs ont la vie dure… il est plus facile de changer les lois que les mœurs. Soyons combatives/ifs, soyons révolutionnaires.

 

Rapport 2006.pdf

 

 

Rapport 2009.pdf

Le vote impossible

« Les démarches doivent être effectuées le plus tôt possible pour tenir compte des délais d'acheminement de la procuration à la mairie et de son traitement en mairie. En principe, une procuration peut être établie jusqu'à la veille du scrutin, mais le mandataire risque alors de ne pas pouvoir voter si la commune ne l'a pas reçue à temps. » 

 

En effet, la veille c’est peut être un peu tard. Mais trois jours avant ? Et bien c’est trop tard aussi. « Fallait vous y prendre avant, on a reçu l’ordre de ne plus faire les procurations, de toute façon ça n’arrivera pas à temps. ». L’ordre ? On a reçu l’ordre de dégouter les gens d’aller voter ou quoi ? Assez ironique quand on entend depuis des semaines que le taux d’abstention sera un record. C’est vrai, il vaut mieux ne pas prendre le risque d’envoyer une procuration en recommandé, on ne sait jamais, si elle arrive dans les temps, on pourrait voter…

 

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