18.04.2008
Questionnements féministes et méthodologie de la recherche
L’ouvrage s’ouvre sur un double projet de la rechercher féministe : d’une part, transformer (d’un point de vue social, politique…) les rapports sociaux de sexe, d’autre part, élaborer un certain nombre de connaissances scientifiques. Les auteures divisent ensuite leurs questionnements en six chapitres, dont seul véritablement le premier et éventuellement les deux suivants peuvent avoir un impact sur ma propre recherche, les autres étant réellement axés sur les méthodes de recherche en sciences sociales.
Néanmoins, la méthodologie (plutôt exposée ici comme inspiration et non obligation), proposée pour toute recherche qui se veut féministe, offre un excellent point de départ et permet de garder toujours en tête que la recherche féministe, plus qu’un nouvel objet, est avant tout un nouveau regard.
Et ce regard féministe apparait comme une transformation plus radicale du regard porté sur le monde et vise à faire re-connaître les femmes comme sujet historique et social mais également les rapports sociaux de sexe comme facteur de division et de hiérarchisation de l’ensemble de la vie sociale.
Dès lors, la recherche féministe lutte contre les savoirs établis et les cadres théoriques qui naturalisent l’infériorité des femmes (comme toujours), remet en cause les prétentions universalistes et objectivistes de la science moderne, articule des visions autres de la société, élabore un savoir sur les femmes (et sur les hommes) par les femmes et pour les femmes (et les hommes ajouterais-je).
Le regard féministe offre une recherche plurielle constituée d’une multitude d’objets, de problématiques, d’approches théoriques, de postures épistémologiques et d’outils méthodologiques, une diversité de lectures (parfois contradictoires mais souvent complémentaires) de la nature et des causes de subordination des femmes à travers l’histoire.
Tout comme la recherche en danse, et c’est ce que m’intéresse ici, la recherche féministe est multiple, transdisciplinaire et nécessite de concilier théorie et pratique !
Quelques principes de la recherche féministe :
ü Féminisme : une perspective, pas une méthode de recherche
ü Plusieurs méthodes de recherche
ü Regard critique au sein des disciplines
ü Guidée par théories féministes
ü Tend vers la pluridisciplinarité
ü Préoccupe de changement social
ü Diversité parmi les femmes
ü Engagement de la chercheuse en tant que personnes
ü Engagement des participantes à la recherche
ü Favorise l’engagement du lectorat
Ces principes ne sont pas exclusifs à la recherche féministe et il est évident qu’une recherche féministe ne les intègrent pas tous à la fois. Il en existe d’autres…. Chaque recherche peut s’en inspirer, au gré de ses envies, ses possibilités… ne pas reproduire un modèle dominant objectif et neutre de méthodologie de la recherche semble être le parti pris de ce regard autre, féministe, sur le monde qui nous entoure.
OLLIVIER, M., TREMBLAY, M., Questionnements féministes et méthodologie de la recherche, Paris : L’Harmattan, 2000, 256 p.
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17.04.2008
Les enfants du jeudi, ou le destin de Doone Penny avant Billy Elliot (et celui de sa sœur Crystal Penny)
Petit dernier d’une famille de six enfants dans la banlieue londonienne, né après « la » fille, unique et tant désirée sur laquelle la mère reporte( comme bien souvent) ses rêves gâchés de ballerina, Doone Penny s’éveille de manière bien solitaire à l’acrobatie, la musique et la danse. Tout commence lorsqu’il accompagne sa sœur Crystal à ses cours de danse et lui porte ses chaussons. Alors que sa sœur ne fait que parader et se montrer au lieu de danser, une vocation étouffée grandit chez son petit frère : devenir danseur.
De l’entrainement en cachette dans le corridor pendant les cours de sa sœur, en passant par l’apprentissage du piano avec monsieur Félix, Donne fera son chemin…Jusqu'à ce que : « Maman, ne puis-je pas suivre le cours de danse ? » « Bien sûr que non ; tu es un garçon. » Maman avait apparemment oublié que, sans les danseurs, il n’y aurait probablement pas de prince pour la jeune fille de son rêve. Finalement, Crystal change d’école de danse et la professeure Ennis Glynn, accepte de prendre Donne gratuitement…Pour avoir Crystal, pense (à tort bien sûr) la mère. Mais en cachette encore, du père cette fois ci. S’ensuit deux années de travail intense, aussi bien pour Crystal qui s’est réellement mise au travail, que pour Doone. Grâce à l’aide de Miss Glynn, le père abandonne ses préjugés, d’autant plus qu’en voyant son fils danser il découvre que celui-ci à réellement du talent, bien plus que sa fille ! A deux années d’intervalles, Crystal et Doone intègrent l’Ecole de danse de sa Majesté et apprennent jour après jour, le dur métier de danseur et danseuse.
Rumer Godden livre ici deux portraits entremêlés, celui de Crystal tout d’abord, petite fille choyée et gâtée qui fait de la danse parce qu’une fille doit faire de la danse et que sa mère, elle-même ancienne danseuse de music-hall (mais pas de la vraie danse selon Crystal) reporte sur elle ses rêves de gloire. Et puis Donne, petit danseur en herbe que ne peut pas prendre de cours de danse parce qu’un garçon ne danse pas ! Chacun apprend à combattre ses préjugés et se laisse porter par la magie de la danse, au féminin comme au masculin…
Au fil des pages, l’auteure nous plonge dans le monde difficile et acharné de l’apprentissage de la danse, de la rivalité de Crystal contre son frère, des petits moments de bonheur, de joie, de déception aussi… des ces enfants du Jeudi, qui sortent de l’enfance et entrent dans l’adolescence et qui finiront par être récompensés de leur labeur et brilleront sous les feux des projecteurs. Bien avant Billy Elliot, le parallèle est ici très réussi entre Crystal et Doone, une fille poussée par sa mère et un garçon repoussé par ses parents, une apprentie danseuse et un apprenti danseur, et explore toutes les facettes d’un art qui bien souvent (malheureusement) ne se conjugue qu’au féminin, surtout dans l’environnement familial.
Rumer Godden, Les enfants du jeudi, Paris : L’école des Loisirs, collection Médium poche, 1984, 287 p.
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02.04.2008
Les discours de la danse
Dance discourses: Keywords in dance research, Routledge, 2007 Actes du colloque international, dans le cadre du festival de danse de Cannes de 2001, organisé en partenariat avec la section danse et le RITM de l'Université de Nice Avis au non- anglophones, l'ouvrage n'est pour l'instant publié qu'en anglais (et en italien) sous la direction de Susanne Franco et Marina Nordera Les discours de la danse: Mots-clefs pour une méthodologie de la recherche L'intrduction, le développement et l'affirmation de l'enseignement et de la recherche en danse dans le cadre universitaire et dans les différentes associations et institutions spécialisées ont permis et permettent la définition, la mise en place et surtout le questionnement des outils et des fondements théoriques de la discipline. Le but de ce colloque était de rassembler des chercheurs/chercheuses d'horizons et d'orientations méthodologiques différents et de les inviter à s'interroger sur la définition même de la recherche en danse, sur le processus de structuration de la discipline, sur les fondements théoriques des études et les outils choisis. L'objectif était d'étudier les modalités en acte dans la construction d'un réseau de connexions entre les disciplines et de réfléchir sur la danse (et ses discours) comme lieu de production des savoirs. Avec la participation de : Mark Franko, Laure Guilbert, Susan Manning, Karl Toepfer, Linda J.Tomko, Inge Baxmann, Susan Leigh Foster, Nathalie Lecomte, Andrée Grau, Gabriele Brandstetter, Thomas Defrantz, Laurence Louppe, Hélène Marquié....
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