23.07.2008
Nacho Duato reste Nacho Duato. Et pourtant...
… Et pourtant je n’ai pas accroché. Même si je me suis laissée séduire de prime abord par la magie du lieu : 21 juillet, 22h, théâtre romain de Fourvière, nuit étoilée, place à la danse. La première pièce, Gnawa, créée en 2005, m’intrigue : les quatorze danseurs et danseuses évoluent sur scène dans un espace, très académiquement construit, parfois déconstruit mais de manière très travaillée. La gestuelle, propre à Nacho Duato est sublime : une technique classique décomposée, quelques frétillements du corps qui font le style du chorégraphe, une écriture chorégraphique ciselée et précise, une attention particulière portée à la colonne vertébrale et ses extrêmes possibilités de flexion et d’extension, un va-et vient entre la tension et le relâchement du corps, entre l’en-dedans et l’en-dehors, une relation fusionnelle à la musique, une interprétation…. parfaite. Trop parfaite peut-être. Et me (nous) voilà devant l’éternel débat : le fond ou la forme ? Où est la limite entre le côté purement esthétique de la danse pour la danse - quête gautiériste et parnassienne- et le côté conceptuel de la non-danse- à la manière d’un Jérôme Bel ? Entre la non-danse et la trop-danse, que faut-il choisir ? Faut-il seulement choisir ?

Devant la seconde pièce, O Domina Nostra, création mondiale de 2008, présentée en avant première ce soir là, le même constat : de l’esthétique, certes. De la perfection, oui. Et après ? Encore une fois, je m’interroge : la danse peut-elle être seulement de la danse ?
Un entracte de vingt-cinq minutes est annoncé : je commence à avoir un peu froid sous les étoiles… tant pis, je crois que je regarderai Por Vos Muero, la dernière création (1996) en DVD. Le chorégraphe de Multiplicité, formes de silence et de vide, pièce qui m’avait enchantée, me laisse désormais songeuse…
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29.04.2008
" Commentaires"
Inspiré du livre « Laissez-moi » de Marcelle Sauvageot, le spectacle ouvre la porte de la chambre ou recluse, la jeune femme, atteinte de tuberculose, ne peut s’échapper que par l’écriture. Elle traverse la maladie, l’éloignement, la mise à l’écart avec la dignité d’une femme forte et la fragilité d’une jeune fille.
Sur scène, une danseuse, une comédienne. Une seule femme qui souffre et qui aime. La voix se veut fluide, calme, berçante presque, tandis que la danse se fait d’abord faible, intérieure, torturée. Le mouvement va crescendo, aussi bien dans l’intensité de ce qu’il dégage que dans les parties du corps qu’il exploite… Cette femme est malade et tousse, crache son amour pour cet homme qui finalement, en épouse une autre… la danse se fait maladie, tension, contractions, fragilité mais tend vers cette fluidité, cette libération, cette acceptation qui se veut guérison. Le corps se libère et s’enferme à la fois dans sa maladie et cette maladie d’amour. Cette femme se dédouble : elle est une voix, elle est un corps… elle devient les deux quand la comédienne se laisse emporter par le jeu du mouvement et se laisse porter, transporter par la danseuses. La danse se construit tout d’abord dans ce petit espace intérieur qu’est le corps souffrant, blessé puis investit l’espace de la scène jusqu’au sol… la danseuse tombe, se relève, retombe, s’assoit, guidée par un texte fort, poignant, prenant, grave mais avec quelques notes d’espoir, de gaité quand la narratrice raconte ce bal de noël avec les autres malades, ou comment danser avec l’autre lui permet un instant de se sentir vivre.
Vendredi 25 avril, théâtre de la Citadelle, Bourg en Bresse
Avec Hélène Géhin, comédienne et Marie Cambois, danseuse.
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